CONNEXION

27/10/2013

Marathon de Toulouse 

Apprendre toujours et encore

Prendre la décision de faire un marathon n’est pas une mince affaire. Non seulement la préparation de longue haleine est très prenante, AL en sait quelque chose, mais en plus, la course et son résultat ne sont jamais écrits d’avance. C’est toujours et encore une nouvelle histoire qui commence et personne ne sait comment elle se finit.

Autant sur un 10km, voire un semi, on arrive à contrôler pas mal de paramètres, et le résultat correspond souvent à ce qui avait été prévu. Sur un marathon, l’aventure se complique.

 

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Comment j’ai préparé Toulouse ?

Pour Toulouse -ma 4e experience- je m'étais entrainé très correctement, en respectant in plan dessiné par Olivier Gaillard, à raison de 6 séances/semaine. 

Ma blessure au tendon d’Achille s’est estompée  au fil des kilomètres. Aucune séance n’a été annulée.

Il ne me restait plus qu'à gérer la fameuse phase de tapering (oh ça va, non, c'et pas un gros mot; je vous traduit en gros = affûtage).Période souvent délicate que l'on attend pourtant, car elle signifie la fin des entrainements longs et difficiles.

Seulement dans cette période, le corps en tension se relâche. C’est à ce moment que bon nombre d’athlètes se blessent ou attrapent une angine, un rhume ou autre truc à la noix. Le mien était sur la corde raide.

Bulletin de santé

Il aura juste fallu d'un petit dîner avec des amis runners dans les courants d'air, pas assez couvert, et hop un virus débarque dans mon organisme foutre le bazar 

AL: Pourtant, on le répète souvent «Sortez couverts», ah les vieux sensibles aux courants d’air !

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Impossible de me soigner avec les médocs efficaces en ces moments-là, la cortisone faisant partie des produits dopants. De J-6 à J-1, j’étais HS. J’ai essayé de rester positif et de prendre le départ le plus relâché possible.

To win à Toulouse (on m’a obligé, désolé)

Relâché c’est proche de détaché ?

Après une relative bonne nuit (malgré une toux bien pénible), me voilà sur la ligne de départ. Bizarrement, peu émotif.

AL : Oooooh, c’est parce que j’étais pas là ?!

Pan. Je pars.

3’40 au premier kil. L’allure est légèrement vive, pourtant c’est quasiment celle que j’ai travaillée. La course s’annonce roulante mais dure, car la chaleur s’annonce. On parle de plus de 25 degrés dans la dernière heure. Qu’à cela ne tienne, j’aime ça et je vais bien m’hydrater et m’arroser.

Je cours donc sur des bases de 3’41 pendant 10km (37’10), puis passe légèrement moins vite au semi -ça reste correcte (1h19’23″) et j’y crois encore même si je sens que je me crispe. Surtout là où j’ai ressenti les courbatures de la semaine : le haut du corps, les trapèzes et la nuque.

AL : Et pendant ce temps-là, tes enfants et moi stressons devant un écran d’ordi complètement pixellisé en voyant s’afficher des alertes Facebook avec des temps bizarroïdes !

Au 22e km, je perds le groupe avec lequel j’ai démarré, car j’anticipe une fin de marathon terrible. Parmi ce groupe, un copain avec qui j’échange beaucoup sur Dailymile, Sébastien Larue. On s’estime de même niveau, à quelques secondes près. J’ai donc essayé de le suivre 22 km durant, autre erreur ! Sébastien n’ayant pas eu de souci de santé, pouvait continuer sans souci. Moi en revanche…

Pourtant, je gère la chaleur ainsi que mon manque de forme notoire tant bien que mal. Puis, je me dis à ce moment-là que m’accrocher serait suicidaire !

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Là je ne sens pas la chaleur. J’entends mes pieds faire floc-floc de m’être tant arrosé. J’ai bu aussi hyper régulièrement,quasi tous les 2,5 km.

Faut-il savoir lever le pied ou ne pas s’écouter ?

Je ralentis fortement.

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Nous traversons une zone pavillonnaire. Personne. Que des coureurs qui souffrent. Car là oui, depuis qu’on a passé le demi-tour plein nord et qu’on se tape le soleil de face qui ne cesse de monter, je vois mes comparses davantage « déambuler » que réellement courir. Sauf quelques exceptions qui se sont bien gardées de partir vite. Les malins !

Au 30e, je croise le coach de notre team du club de Malakoff, Olivier, qui me rebooste avec quelques mots simples. Tout le monde à la dérive pense au classement par équipes !

Je stoppe pour la première fois de ma vie à un ravitaillement durant une course sur route. Ooohhh trois secondes, mais je voulais prendre le temps de choisir une boisson énergisante avec du sel dedans ! Encore un éclair de lucidité bien tardive ! Trop ?
Un gel légèrement dosé à la caféine et me voilà reparti pour 10 km, pas si mal. Je retrouve un peu de fréquence dans mes pas et j’essaie le plus possible de ventiler pour débloquer le haut. Je double de nouveau des coureurs. 10-15. Ça sent le mieux.Quelques-uns me dépassent tout de même.

Un finish hardissime

JC_Toulouse_5.jpg

Km 38 : on rentre en ville, enfin au cœur de Toulouse. Mon coéquipier Cosimo me rattrape, mais bute aussi… Il est dans le dur et souffre de crampes. Nous resterons 3′ ensemble…

Km 40, je recoince. Mes jambes n’ont plus d’amplitude, plus de vitesse. De nouveau.
Je retombe à 14 km/h et je sens mes bras ultra-tendus. Il ne manquerait plus qu’une crampe au bras survienne tiens ! 41 je croise Philippe Albinet/Jahom qui m’encourage et semble presque déçu…
On arrive près du Capitole, c’est l’arrivée.

AL : Et là, chez nous, la Freebox saccade l’image, je fulmine mais on te voit arriver, tes enfants sont au taquet, moi aussi !

Belle ambiance digne de la taureaumachie ! Je suis mis à mort ! 2h47’37″.

Je passe la ligne ; Benoit Gandelot est là pour m’accueillir et m’encourager. Je me sens bizarre. Pas d’émotions, pas vraiment de fatigue. Étrange.

Aurais-je du faire ce marathon avec cette santé balbutiante ? Quelques questions me viennent. On attend les collègues. Cosimo lâche les larmes, se dit déçu et souffre de ses crampes.

Marie-Amélie arrive et passe la ligne avec une belle perf’, puis l’après-ligne tout aussi vite… Elle voulait peut être continuer un peu…

J’étais aussi là pour une place en  équipe, mais le 3e vétéran est parti à la dérive et finira à près de 30′ de ses meilleurs temps… Ça aussi n’aura pas marché.

Jean-Christophe 


Place Nom Club Catégorie Temps officiel
79 SAVIGNONI Jean-christophe USM Malakoff V1H 02:47:37

13/10/2013

Marathon de Chicago 

(et DE Chicago, puisque tapé dans l'avion retour)

Déjà... traverser un océan pour aller faire une course, il faut être un peu barré. Pas de bol, la rotule de Clement ne l'ayant laissé tranquille, je me suis trouvé un peu seul sur la ligne de départ. Heureusement j'ai été fort bien hébergé (Merci G&J).

Revenons sur cette journée si particulière. Tout commence au seuil de la porte, à 5h du mat', puisque je tombe dans l'ascenseur nez à nez avec des volontaires pour la journée. Un truc corporate... #difference de culture. Encouragements, déjà.

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Tous les contrôles de sécurité étant passés sans problème (bravo l'organisation), je me trouve un peu tôt prêt à déposer mes affaires... le problème c'est que le jour n'étant pas encore levé ça caille un peu... J'en profite pour faire une première escale technique. Je finis par lacher mon sac (et donc me retrouve en tenue -  minimale). Effectivement, ça caille. Deuxième escale technique. 

Enfin, le jour se lève. merveilleux derrière la skyline baignée d'un bel orange qui tourne vite aubleu limpide. 

L'heure tourne, et le départ se rapproche. 3e escale technique. Alors que précédemment tout le monde patientait patiemment en ligne devant les WC chimiques, celle-ci se fait à la hussarde sur les arbres en bord de sas.

Le speaker s'ébroue, sans surprise (je suis désormais habitué aux départs en musique). Soudain, il réclame 30" de silence en mémoire des victimes de Boston. Des souvenirs qui remontent; evidemment, pour moi qui n'était pas très loin de ces événements. Sequence émotion. Allez, tous dans le sas maintenant, puisque l'heure tourne. Ravi de voir que je ne suis pour une fois pas loin de la ligne de départ.. tout au plus une cinquantaine de mètres, et pourtant ne peux voir les petits hommes des hauts plateaux. Je suis toujours avec mon T Shirt et mon beau sac poubelle... contrairement aux autres je trouve qu'il fait encore un peu frais pour se dévêtir.

Vient l'heure de l'hymne... J'esquisse un petit sourire narquois...ah chère patrie. D'abord chantée par une (jolie) cantatrice... mais comme son micro tend à couper 50% du temps, c'est finalement la foule en coeur qui doit s'exprimer dans une tonalité à fort dominante masculine. La main sur le coeur; évidemment. #America

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Vient l'heure du départ... étrangement très calme. Pas de compte à rebours, pas de musique pour motiver, rien.... pas même d'encouragement du public.. ah oui c'est normal puisque la zone lui est encore interdite (#fearForBoston).

Je franchis donc la ligne un peu surpris d'être déjà arrivé là.... mais c'est parti. Et ça va vite changer. Sitôt quelques mètres courus, on entend déjà les clameurs de la foule... une clameur qui ne s'arretera que très peu au cours de ces 42 km.

Genial. Il faut dire que 1.7millions de spectateurs, ce n'est pas rien. Surtout avec des americains surentrainés à encourager tout le monde. Un vrai sport à part entière. #cheerleaders

Les miles s'écoulent (il faut en prendre la mesure - j'ai pour cela collé le décalcomanie d'un tableau de marche à 3h sur l'avant bras). Panneaux de soutien tous plus marrants les uns que les autres sur les bas cotés. Le classique "pain now, beer after". Mon préféré ? "I love your endurance; can we go for a 2nd date ?" Il y a aussi eu "Naked Cheerleaders1M away", mais celle-ci j'y croyais moins. Vers la fin : "Keep running, kenyans already waiting for you at the beer tent".Bref, ça met du baume au coeur...

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Et l'arrivée ? Je crois que l'esprit n'y etait plus.... pourtant j'entendais au loin les encouragements des spectateurs, mais étais trop concentré à serrer les dents pour en prendre la pleine mesure.

Un dernier virage, une timide accélération pour régler leur compte à quelques concurrents devant moi, et je peux franchir la ligne... comme ce n'est pas clair si c'est là ou dix metres plus loin, je continue encore un temps avant de réalisé que c'est fait... et enfin m'arrete.

Je sais qu'il me sera très difficile de repartir. Quelques haut le coeur, je titube légèrement, un coup d'oeil à la montre... le sentiment du travail bien fait en dépit d'une belle souffrance. Mes jambes me portent vers les volontaires qui n'en finissent pas de nous féliciter et nous reconforter, nous couvrent d'une couverture de survie...

Peu à peu je reprends mes esprits, et peux continuer à avancer vers le ravitaillement. Surprise en sortie de ce dernier : une bière nous attend! C'est avec un grand plaisir que je prélève quelques gorgées... pas plus; ça risquerait de ne pas passer. Mais quel bonheur! 

Reste à savourer les moments d'après course; une bien belle fête se prépare; je n'ai que trop peu le temps de m'y éterniser que déjà il faut que je pense à mon retour.

                                         jb_theard_medaille.jpg          

Voilà, rideau sur ce beau dimanche aux US; je suis déjà dans l'avion; retour aux réalités dès demain matin.    Jean-Baptiste  

 

scratch nom chrono
538 Théard Jean Baptiste 02:54:34