CONNEXION

07 Decembre 2014 

La SaintéLyon   (par Romain et Christophe )

RomainNous sommes en avril 2014, le marathon de Paris vient de passer et je décide, sur un coup de tête, de m’inscrire à la Saintélyon. Le programme est déjà établi pour cette fin d’année 2014, Lille, Amsterdam, Boulogne et enfin la Saintélyon. Avec cette course, je pars totalement dans l’inconnu, n’ayant jamais couru le moindre trail en compétition et encore moins de nuit. Malgré ce manque d ‘expérience, je sais que cette course sera magique mais surtout très dure.

Ayant eu le semi de Boulogne en novembre, je ne prépare pas tellement la Saintélyon, je fais juste un peu de foncier le week end. Ce manque de préparation me fait d’autant plus redouter cette course.

Vendredi 5 décembre, je pars avec mes parents en direction de Lyon, je récupère mon dossard numéro 719 et vais profiter un peu de la fête des lumières. La samedi est une journée tranquille, un peu de promenade en début d’après-midi puis repos.

17h30,  je me réveille doucement de ma sieste, il est temps de commencer à se préparer. Je regarde une dernière fois la météo, il fera frais mais plutôt sec, c’est vraiment bon signe.18h30, direction le stade de Gerland pour retrouver un ami à moi (Alexandre) ainsi que Olivier Paturel.

19h45, on monte dans la navette direction Saint Etienne, la tension est palpable mais le départ est encore loin.

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Christophe : Cela fait déjà quelques années qu’il me restait ce goût amer, celui de la seule course sur laquelle il m’a fallu un soir de décembre me résoudre à ne par rallier une ligne d’arrivée. Alors, en entendant de-ci de-là plusieurs personnes dire qu’elles se sont inscrites pour cette édition, je me laisse convaincre que l’heure de ma revanche a sonné.

Cette fois-ci, je veux mettre toutes mes chances de mon côté, lpréparation sera donc plutôt sérieuse. Malheureusement, comme souvent quand je me lance dans une prépa, je me retrouve en vadrouille pour le boulot. La préparation et ses longues sortie devra donc se faire seule.

Enfin le jour J arrive. Récupération du dossard le matin, puis direction Rive de Gier pour patienter chez ma sœur le reste de la journée. De là, je peux contempler de l’autre côté de la vallée les crêtes enneigées qui nous attendent. L’inquiétude commence à monter quant aux conditions que nous allons rencontrer.

Romain et Christophe :Arrivés à Saint Etienne, on se pose dans le hall d’exposition de Saint Etienne, on mange et Christophe fini par nous rejoindre. Puis s’en suit une longue attente.

23h30, on dépose les sacs, il fait plutôt bon, je (romain) partirai donc avec uniquement deux couches sur moi. Nous rentrons tôt dans le sas, nous sommes bien placés et prêts à en découdre.

00h00, le départ est donné, c’est parti pour 8km de route. Tout d’abord plat puis en monté, l’allure est plutôt bonne, autour de 4min50 sur le plat. Olivier n’a pas l’air très bien, il est malade mais tiens le rythme

C’est notre meneur d’allure sur ce début de course pour nous éviter de partir trop vite. S’en suivent ensuite une longue montée et enfin l’arrivée sur les premiers chemins. Christophe et moi courons ensemble et nous avons déjà perdu Alexandre ainsi qu' Olivier… Nous verrons bien au prochain ravito.

Le chemin est très boueux mais l’allure est bonne, la moindre portion de route nous permet de relancer un peu. La magie de la Saintélyon commence à opérer, la guirlande de frontales se dessine dernière nous. Après 1h20 de course à plus de 11km/h de moyenne nous arrivons au premier ravito. Nous y ferons un passage éclair, un verre de coca et c’est reparti. Toujours pas d' Olivier ni d' Alexandre en vu…

Malgré l’heure tardive, les jambes répondent bien. Le chemin est toujours aussi difficile et monte toujours autant mais avant le départ, on nous a affirmé que après sainte Catherine, se serra plus sec.

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2h29, nous arrivons à Sainte Catherine au 28ème km. La première partie s’est faite sur un rythme assez élevé et les premières douleurs aux jambes apparaissent. Nous prenons un peu plus de temps au ravito, pour manger, boire et remplir la poche à eau. Avant de repartir, nous regardons le profil, une longue montée nous attend au 35ème km vers Saint André.

Nous repartons de Sainte Catherine après 5min d’arrêt et malgré ce qu’a pu nous dire les organisateurs,  le parcours est toujours aussi boueux et les descentes assez casse gueule…

 La cote vers Saint André est longue et douloureuse mais le public est la pour nous soutenir, ça remonte le moral. 3h48, après une longue descente dangereuse, nous arrivons à Saint Genoux au km 38. Les corps commencent à être fatigués. Nous nous ravitaillons assez vite avec Christophe et repartons plus déterminés que jamais.

Romain : Après quelques kilomètres, Christophe me lâche, le parcours est plus facile que précédemment malgré quelques courtes montées qui ont raison de mes dernières forces. La fin du parcours avant Soucieu est très roulant ce qui me permet de pas mal dérouler. A l’avant dernier ravitaillement, à 5h04, le corps est meurtri et les jambes sont dures, la fin risque d’être longue... 

Juste avant de repartir, je croise Christophe mais je décide tout de même de repartir seul pour tenter d’aller chercher les 7h45.

Entre le kilomètre 49 et 60, le parcours est plutôt roulant avec beaucoup de routes mais malheureusement, les jambes répondent aux abonnés absents depuis plusieurs kilomètres, j’alterne marche et course. En plus des douleurs aux jambes, les crampes deviennent plus insistantes. 

Après une longue cote totalement inattendue, j’arrive à Chaponost, le dernier ravitaillement. Vu mon état actuel, je pense que les 7h45 ne seront pas possible..Le moral n’est plus trop la, je regarde donc mon portable et lis les nombreux messages de soutiens que j’ai pu recevoir par sms ou sur Facebook, ça me remonte le moral.. J’appelle également mon père afin de lui dire que j’arriverai aux alentours de 7h45. Je repars sans trop traîner et je continu d’alterner marche et course.

A ce moment de la course, les kilomètres passent extrêmement doucement et la moindre descente un peu trop prononcée me brule les cuisses. Le tracé se fait pas mal en sous bois et est particulièrement ennuyeux.

Au 65ème km, la dernière grosse difficulté est en vu, la montée sur la route le long d’un pont romain, tout simplement interminable, à la fin de cette montée, les jambes ne veulent plus courir. Je terminerai les 7 derniers km en ne courant presque pas. Le pont vers Gerland est en vu, je suis vraiment épuisé mais tellement  fière de la course que je viens d’accomplir. Les 12 derniers kilomètres ont été « courus « en un peu plus de 1h30…

Je rentre dans le dernier kilomètre et recommence  trottiner, l’allure est faible mais je passerai la ligne d’arrivée avec beaucoup d’émotions. J’y retrouve JR et Renaud qui étaient en relais,

Ils ont suivi toute ma fin de course, ils me félicitent et me font remarquer que mes 28 premiers kilomètres étaient très certainement trop rapides. ( :D)Christophe arrive dans la foulée, nous nous prenons dans les bras l’un de l’autre avec beaucoup d’émotion, fières de la course que nous venons d’accomplir.

Ce fut une très belle course avec une ambiance vraiment à part. C’était un plaisir de la partager avec tous les amis malgré les souffrances sur la fin du parcours.  Courir toute une nuit nous transporte vraiment dans un autre monde…

Merci à tous pour vos soutiens et pour tous vos gentils messages !

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Christophe :Les choses sérieuses ont pour moi commencé assez tôt, les premières crampes ayant fait leur apparition un peu avant Saint Genoux. Il reste pourtant encore plus de 30 km à parcourir !

Avant le départ, le speaker nous avait annoncé un terrain sec à partir de Sainte Catherine. Heureusement qu’on ne l’a pas recroisé, car il nous faudra attendre le bitume des 15 derniers kilomètres pour être véritablement au sec.

Les kilomètres passent et je continue de m’accrocher. Les jambes sont de plus en plus dures, mais je sais maintenant que j’irai au bout.

Pour me motiver, je me fixe l’objectif des moins de 8 h.

Arrive la descente des acqueducs de beaunant, eje visualise ce qui nous attend juste derrière. J’ai beau savoir que c’est la dernière difficulté, un mur de 800m, après 65km de course ce n’est pas vraiment ce dont j’avais envie à  ce moment là. Heureusement, je croise un membre de mon ancien club qui venait supporter des coureurs. Il décide de m’accompagner tout le long de cette montée.

Je m’accroche toujours à cet objectif des 8h. Les derniers kilomètres passent finalement assez rapidement, même si je suis tout de même bien content qu’on nous épargne à présent le long aller-retour sur les quais du Rhône.

Enfin, le palais des sports de Gerland. Je franchi la ligne en 7h52 , ma revanche est prise.

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