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Les Étoiles du 8ème \ Blog \ Marathon de New York 2014

Comptes Rendus du Marathon de New York

Lisez les articles de tous nos coureurs du marathon. Les comptes rendus seront mis en ligne petit à petit dans les semaines qui viennent.


Un touriste à New-York, ou chronique d'un marathon qui ne pouvait que foirer!

 

« Un touriste à New York »  4 mots et 22 signes pour résumer une course de 4 heures 22 minutes insigne…

 Voici donc le récit en 4 points et 22 lignes…de 4.22km, oups 42.2 km de marche-course où de rage...je trépigne !

  1)   un touriste dans la prépa, avec un entraînement marathon qui n'a commencé qu'après la CCC, et que je n'ai pas du tout suivi à la lettre, privilégiant les sorties longues avec les copains où leur tempo/durée devenaient les miens, multipliant les séances de fractionné sans cohérence et récup nécessaires entre elles. S’entraîner au feeling, c’est risqué quand on est trop confiant par rapport à ses perfs passées...humilité-rigueur, revenez !, je vous ai trop longtemps ignorées !

 2)   un touriste à Paris où sur les 20 km de Paris, à 3 semaines du marathon, j’aurai dû gérer, au lieu de tout donner pour en 1h25 faire « ma perf de l'année », sans doute pas une bonne idée !

 3)   un touriste la nuit avec une très mauvaise gestion du sommeil à NY : jetlag, donc lever tôt malgré coucher tard, c’est ça de poster ses photos sur FB avant de se coucher, et de se réveiller en pleine nuit pour du coup voir les premiers commentaires des potes français. Ego, miroir, je suis grave ?! Sans compter la veille de la course le stress d'avant course vs conditions météo, sur un terrain de fatigue récurrente depuis la rentrée.

4)   un touriste à New York, mais en « touriste à la japonaise », précisément la semaine précédant le marathon ! Ce furent de superbes vacances en famille où nous n'avons pas arrêté de marcher, visiter, crapahuter ; j'avais hâte de faire découvrir à ma petite famille les endroits qu'en son temps ma mère m'avait montrés... Pensant vite les fatiguer, mes enfants m’ont bluffé, en courant non stop sur le pont de Brooklyn, la highline, Little Italy et China Town (où nous nous sommes paumés !), les planches de Coney Island, une grande partie de Broadway, me montrant le soir leurs mollets tout durs avec fierté! Mauvais plan le tourisme en marchant-courant-piétinant j'aurais dû m'en douter ;) Et pour couronner le tout, dans la « not to do list » ... 3 passages au village marathon, le jeudi pour le dossard, la visite des stands, et les photos avec les potes des Etoiles (à poster sur FB, décidément FB m’a « tuer »), le vendredi rebelote pour voir d’autres potes, discuter, piétiner ;  le samedi…dix de der, quand tu t'aperçois que dans l'appart le four pour faire cuire le gatosport tu ne sais pas faire fonctionner! et que des soldes du dernier jour tu veux du coup profiter !

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Bref, j’ai cru que ce marathon serait une formalité ... alors que, grosse fatigue, j étais en forme...alité !

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La course, du coup, quelle course ?!

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On passe sur le « 1er marathon » pour rejoindre le parcours (métro, ferry…féérique cependant, bus) et l’attente dans le froid.

 Départ serein, mais vu mon état de forme je passe tout de suite au plan B, 3h19’24’’ soit 4’44’’ au kilo, alors que dans mes plus beaux rêves j’aurais adoré en 3h15 exploser mon RP!

 Bref… 1ère difficulté avec la montée sur le pont de Verrazano, vent féroce, avec une main collée sur le dossard pour éviter de le perdre d’emblée. J’essaye de partir tout de suite sur le bon rythme  en montée et de dérouler dans la descente du pont, mais la fluidité n’y est pas ! Pas de bon augure tout ça… Je m’accroche au chrono pendant les 5 premières bornes pour finir pile poil sur l’obj, 23’37’’ pour 23’38’’… mais suis en fait dans le rouge dès le 5ème !!!!

 Débute alors, lentement, subrepticement, une longue descente aux enfers.

 Au 10ème, je passe en 47’44’’ pour un obj à 47’15’’, c’est pas encore cata. J’ai compris que l’obj ne serait pas tenu, je vise encore 3h20, 3h25, mais entre ma montre qui est plus généreuse que les indications kilométriques, les km qui ne sont donnés que toutes les 5 bornes (non, non, je ne suis pas bilingue en miles), et l’esprit qui vacille, les calculs deviennent plus compliqués.

 20ème km en 1h37’29 alors qu’aux 20 km de Paris je faisais près d’1 ¼ d’heure de moins. Ok, c’est pas ce que je visais (que 3 minutes de trop par / obj en 1h34), mais ça fait mal…

 La perf s’envole petit à petit pour se transformer en contre-perf, le plaisir n’est pas là. Toutes sortes de concurrents me doublent, « des gros, des moches, des sapés n’importe comment et qui ne ressemblent à rien » (ben oui, quand t’es mal, tu deviens VRAIMENT méchant), j’ai les boules, et tant qu’à merder je décide de ralentir en vue du semi pour tenter de faire un split négatif au second. L’espoir fait vivre, et on va le voir par la suite, …., la lucidité a définitivement quité mon esprit !

Semi en 1h43’30’’, envie de repartir mais sur le second pont le manque de jus est tel que je suis tenté de marcher !

 Reprise ensuite en course à pied, puis les km défilent, toujours moins vite. Je ne sais plus combien de temps j’ai encore couru, mais de moins en moins vite et de moins en moins. En hypo, thermie et glycémie, en court-jus, je me fixe comme objectif chaque mile où je vais récupérer ma « dose de gatorade », assoiffé comme lors d’une traversée du désert, pour pouvoir repartir avec un peu de « jus ».

 Quand je courais, j’étais au milieu du peloton, je me retrouve sur le bas-côté, telle une voiture errant en bande d’arrêt d’urgence les 4 pneus crevés. A côté c’est l’autoroute, les coureurs me bousculent, mais je ne leur en veux pas, d’habitude je suis à leur place et  ne suis sans doute pas mieux qu’eux…

 Les spectateurs me soutiennent, le public américain ADORE les marathoniens, mais à chaque fois que j’essaye de recourir, le bas ventre me fait souffrir, j’ai mal aux adducteurs. L’abandon n’est pas une option, mais je ne tiens à ne pas me blesser. Alors je marche, essayant de penser à Yohann Diniz, mais même accélérer la foulée est douloureux.

 A l’approche du 30ème km, au niveau de la 110ème rue où m’attend ma petite famille, je me force à trottiner pour ne pas trop les inquiéter. Après tout je n’ai que 15 minutes de retard sur mon « plan de marche » (tiens il porte bien son nom celui-là !) mais avec le jeu des vagues de départ ça peut s’expliquer. Je m’apprête à me jeter dans leur bras, mais Eliott m’engueule presque en me disant « dépêche-toi, Matthieu est devant en 3h10 ». S’il savait que je suis à des années lumière de ça…Un bisou à chacun et je repars au trot et attend qu’ils ne me voient plus pour à nouveau, dans la marche, sombrer…

3h10 pour mon pote Matthieu, qui finira finalement dans le superbe temps de 3h15, ça me fait plaisir, c’est la revanche de la CCC !, mais ça me fout encore plus les boules pour moi de le foirer !

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A la course des petits chevaux, je me sens bourricot crevé ! Il y a des marathons où on vole, tout est fluide léger et on se sent bon.

 Et d’autres où l’on rame, galère et on se sent très con ! Panne de courant à NY, plus de jus, grâce à une jus…dicieuse préparation !!!

 La montée au Bronx, le retour sur Manhattan par la 5ème avenue sont toujours plus longs. Je devais retrouver sur cette même 110ème rue, Michèle et les garçons. Je ne les vois pas, continue à la 109ème, remonte en sens inverse (tel un véhicule à contre-sens sur l’autoroute !), il faut se rendre à l’évidence, j’ai mis tellement de temps qu’ils sont rentrés se réchauffer. Là aussi, c’est un mal pour un bien, l’appart est à 2 pas, j’aurais peut-être été tenté d’abandonner. La 5ème avenue est belle, il reste 7-8 km, j’arrive enfin à prendre du plaisir. Je suis à présent content pour les coureurs qui me dépassent, je fais le plein de « give me five » (en pensant au jeu concours que mes fils Eliott et Gabriel avaient fait 2 jours avant sur la highline), je prends le temps d’applaudir les musiciens, eux aussi réalisent un exploit et ils sont gelés, remercie chaleureusement les volontaires aux points de ravitos, pour la plupart -malgré leur cape- trempés !, quand les coureurs renversent le verre qu’ils leur tendent ou leur renvoie en boomerang.

 Je profite aussi des « ravitos sauvages », du public qui te propose banane, M&M’s, et autres friandises. C’est ma revanche sur la CCC où par souci de perf je les avais tous zappés. Et approchant de Central Park, ça me rappelle aussi les 3 boucles de 10 km qu’on y avait faites 2 ans avant, Sandy oblige, où les New-Yorkais avec toutes sortes de victuailles nous ravitaillaient.

 On rentre dans le toboggan de Central Park, le réservoir est juste au-dessus, où j’avais fait ma dernière sortie quelques jours avant, je pense à Dustin Hoffman dans Marathon Man, les supporters hurlent, mais je suis ailleurs, comme si ma tête avait quitté mon corps. 25ème mile, repéré la veille avec mes poteaux, passage par les différents drapeaux. Au chrono je voyais 4h19’ (soit 1h de plus que l’obj.) en courant un peu, au final je finis en marchant à l’agonie en 4h22, soit un heure de plus qu’à Barcelone, mon RP rélalisé … 6 mois avant ! Barcelone, barc « alone » où la veille de la course j’avais bullé sur la plage à ne rien faire pour du jus le lendemain concentrer !

Il y a des médailles qui ont un goût spécial.

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Content d’être finisher, si je refais un marathon aux US, ce sera Chicago pour la perf. Ou Boston pour le mythe, si je tape 3h15 l’an prochain à Paris et me qualifie.

 « Conclusion des courses » : réussir une course ne veut pas dire qu’on est bon, la planter qu’on est mauvais !

Le corps est une fabuleuse machine, il faut juste apprendre à le connaître le comprendre et le respecter.

 Le rétro planning et l’enchaînement des courses est aussi essentiel : trail sur marathon, c’est tout bon. Marathon sur trail, tout se fait la belle !

 Bon là, comme j’ai fait un marathon marche course, c’est un bon entraînement pour la Saintélyon ? ;)

 Décision dans les jours à venir, les adducteurs vont mieux, c’est le genou gauche qui souffre, comme si le corps, muselé, avait à nouveau le droit de s’exprimer !

 Avis bienvenus, avant de toute façon un bon break cet hiver…pour mieux repartir J

Last but not least … NY is magic, mais faut faire son choix : le marathon ou la ville, ou sinon commencer par le 1er …


Le marathon de Baptiste

Quand Adrien m'a demandé de faire un petit compte rendu de MON marathon à new york , je me suis dit que tout avait déjà été dit et que tout le monde connaissait déjà tout à propos du froid et des conditions pas faciles en plus du parcours TRÈS vallonné (surtout la fin), mais je me dit qu'en fait mon témoignage peut servir au autres coureurs donc voici mon petit récit:

 
Mon état d'esprit avant la course était assez mitigé entre, la peur, le stress, l'appréhension de la distance et surtout l'impatience d'en découdre ENFIN.
Je n'ai pas suivi à la lettre la prépa 3h30 concocté par Olivier; je n'ai pas fait assez de sorties longues pendant cette prépa MAIS bon c'est NEW YORK et j'ai l'ENORME chance d'y participer donc j'espère surtout en profiter un peu et ne pas penser trop CHRONO CHRONO CHRONO, j'irais au feeling et on verra bien!!!
Pour ce qui est de MA course: j'ai eu la chance de partir sur le pont Verrazano avec Adrien et Jean Pierre Giorgi (que tout le monde connait) en espérant faire un petit bout de chemin avec lui pour me donner le rythme même si jean pierre fait le marathon seulement en mode découverte fun avec sa GOPRO et non competchrono comme Adri!!!!
Manque de chance je perds instantanément JP et Adri des les premières foulées sur le pont et je me dit que tout seul ça va pas être du gâteau...
Ce début de course fut très difficile, le vent soufflait vraiment très fort, j'ai eu très peur que mon dossard ne s'envole, j'avais les yeux rivés sur le côté gauche avec une vue incroyable sur New York et tous ses immeubles en arrière plan!!!
Malgré le vent le début de ma course se passe très bien quoique beaucoup trop rapide car je me sentais très bien avec de bonnes jambes et un bon rythme.  Passage au 5ème km en 23:07sec je me dis "calme toi un peu, ralentis, tu ne vas jamais pouvoir tenir ce rythme endiablé " mais en même temps j'avais une autre petite voix qui me disait de continuer et de profiter de cet état de forme!!
Je continue sur ce tempo jusqu'au 10K et j'entends une voix familière derrière moi; c'est Jean Pierre Run Run qui m'avait rattrapé! Il me dit "attention tu vas bien trop vite là RALENTIS!!!!"
Mais malgré les conseils de JP j'ai préféré garder mon allure tant que ça tienne!!!!
Nous voilà donc tout les deux parmis la foule de coureurs et les encouragements des spectateurs toujours très nombreux malgré les conditions météo très froides!
Le paysage est FABULEUX au passage au semi sur le pont Pulaski avec une vu MAGNIFIQUE sur les grattes ciel et pour ÇA, ça vaut vraiment le déplacement!
Pour moi, Ce rythme je l'ai bien tenu au delà du semi passé en 1h41, j'avais perdu JP contraint de s'arrêter pour une petite pause pipi... J'ai commencé à ressentir des petites douleurs au genoux droit (celui ci même qui me titille depuis pas mal de temps maintenant) et je commence à ralentir très sévèrement sur la remontée de la première avenue ou cette très longue ligne droite m'a fait très très mal!!!
Sur cette avenue je croise Pascal V en difficulté alternant course et marche due à sa vilaine blessure survenue pendant sa prépa, je l'encourage comme je peux et ça me donne énormément de PEPS pour continuer. Je tiens à féliciter et remercier très sincèrement Pascal pour sa combativité et son acharnement à terminer SON New York avec un temps en moins de 4h ce qui est remarquable avec une telle blessure!!!
Pour ma parts, je retrouve mon rythme de début de course grâce avec l'apport d'un gel power bar qui m'a surpris énormément et m'a permis de remonter sur le meneur d'allure des 3h25 au alentour du BRONX soit environ au 32 ème km et là je me dis "wahouuuu c'est dingue je fais ma meilleure PERF" je me sens très bien c'est GÉNIAL, c'est SUPER et je me mets sans m'en rendre compte à pleurer tellement heureux, envahit par l'émotion, le fait également d'être aussi bien aussi près du but à New York surement l'un des marathons le plus difficiles au monde!!
Après les larmes, je me met à tapper dans les mains des spectateurs, de gueuler "allez les BLEUS" des que je vois un drapeaux  tricolore... bref j'en profite tant que je peux, je ne sais pas si je pourrai le refaire donc je me lâche!!!!

Mais cette euphorie n'a durée qu'un petit moment et j'ai l'ai payé cher. mon genou me relance et je perds du temps, je m'arrête à tout les ravitos pour boire c'est ce qu'on appelle se prendre le mur de plein fouet!!!!!
En entrant dans Central  Park c'est de mal en pi, je ne regarde plus du tout ma montre, je ne souhaite qu'une seul chose c'est finir ce truc le plus rapidement possible. Je me rappelle que la veille nous avons eu la chance de rencontrer Paula Radcliffe qui nous avait dit que sa partie préférée du marathon était ce passage dans Central Park...hé bhé FRANCHEMENT je comprends pas... certe nous sommes envahis par les encouragements des spectateurs mais que ce passage est DUR à ce moment la je croise une ancienne étoile Lionel Lavigne tout pimpant,  tranquille, il me dit:" Hey salut!!' T'est le frère d'Adrien!!! Ça va? T'as l'air cuit là!!" Je lui répond "Bha oui c'est pas facile...c'est un marathon je galère"!!! Je n'essaie même pas de le suivre, je peux pas, j'en ai marre!!!!
Cette longue traversée de central park avec ses montées et ses descentes se termine enfin et nous arrivons vers Columbus Circle avec à nouveau la cinquième avenue ÉNORME remplie de monde, c'est GÉNIAL c'est ENFIN la fin!!!!

Ouffff je passe enfin la ligne d'arrivée et je me surprends à faire une ÉNORME bise à la dame qui me remet la magnifique médaille de finisher et je me sens à nouveau rempli d'émotion comme après mes 2 premiers marathon... Que c'est beau qu'est ce que je suis fier et heureux d'avoir terminé.
Au delà de la perf assez moyenne 3h42 je me dis que j'aurai pu faire mieux en me calmant et ralentissant comme me l'a conseillé mon amis JP et tenir coûte que coûte ce rythme de 5min au Kilo... J'ai fais une course à la "ADRI" en partant "à balle" et aux sensations avant de m'écrouler sur la toute fin plutôt que de garder mon allure. Même si on se sent bien il faut absolument en garder sous la semelle et tout donner sur la fin!!!!
En conclusion ce fut une expérience inoubliable avec ÉNORMÉMENT d'ambiance, de bruit et d'émotion.
Un marathon très difficile, vallonné, très venteux mais MAGNIFIQUE...
j'ai pensé à chaque instant à vous tous restés en France et qui nous suivez sur internet. Merci à tous et la prochaine fois j'espère faire moins de 3H30!!!!


Baptiste

 

 


NYC marathon :

une fois, mais pas deux…

Heureux de l’avoir fait; mais on ne m’y reprendra pas de sitôt. Retour sur une journée qui restera cependant longtemps dans ma mémoire…

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tldr : préparation sérieuse, mais objectif forcement revu à la baisse vu les conditions attendues. Course au feeling, en m’appuyant d’abord sur qq athlètes clé, puis un finish dans le dur. Un vrai marathon. Un beau marathon, mais une organisation pas inoubliable qui rend les performance forcément un peu aléatoires.

Un peu de contexte

Quelle préparation ?

Une préparation en deux temps, avec un cycle préliminaire de 6 semaines de foncier au cours de l’été, suivi d’un classique plan de 10 semaines. Après l’échec de Paris, je sentais le besoin de contenir une préparation en 10 semaines.

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Pour la première fois je m’étais plongé dans un bouquin (advanced marathoning) et en ai donc suivi les premières semaines. Mais pour le final hors de question de ne pas suivre mon plan habituel — et éprouvé — concocté par O. Gaillard via runners.fr.

Seule petite frayeur : une petite alerte à 2 semaines de l’échéance (petit virus? pic de forme arrivé trop tot ?) me faisant lever le pied sur qq jours.

Verdict du coach :

Une préparation rondement menée

Bien. On y est presque alors.

Quel objectif ?

Difficile de se donner un objectif sur un tel parcours, et au vue des conditions très variables qui peuvent lécher NY en cette saison.

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1.Objectif du plan: 2h48. Le même qu’à Paris puisque j’avais (nous avions) grandement échoué. Et puis c’est pratique à l’allure c’est 4'00 tout pile au km. Facile pour la prépa.

2. Objectif au vu de la topographie du parcours : 2h52 environ… Je suis les conseils des uns et des autres qui m’annoncent un différentiel de 3 à 5' mini sur ce parcours exigeant dans le final notamment. Et puis ça me laisse 2' de marge sur mon RP.

3. Revision au vu des prévisions météorologiques (30 à 50 km/h de vent annoncés, rafales à 80km/h pour une température ressentie proche de zero) : faire moins de 3h sera déjà une belle perf. Tant pis pour le RP.

Quel état d’esprit ?

Comme beaucoup de marathoniens, je pars avec qq certitudes et beaucoup de doutes. Le temps n’est pas à l’euphorie et j’hésite jusqu’au dernier moment à courir avec un leger coupe vent. J’ai comme d’hab mon épine calcanéenne qui me chatouille aléatoirement, mais globalement je me sens relativement bien. Je sais par rapport à mes objectifs que je serai bien encadré dans cette course avec un collègue Free Runner devant (Dominique Chauvelier : objectif 15km/h) et une Etoile pas trop loin derrière (Adrien / 2h55)

Ma course

Un départ dans le dur

Le départ est donné par l’emblématique maire de la ville Bill de Blasio. La flamme de départ est là; les kenyans pas trop loin présentés un par un. Le plateau fait évidemment rêver avec l’ancien recordman du monde récemment détroné. Je perds les twins des Etoiles dans l’approche de la ligne; heureusement Pascal reste à portée de bras. Dernières étreintes et c’est parti. Quelle différence avec Chicago où j’etais vraiment en solo. Là on se sentirai presque à la maison…

Tout de suite, le pont de Verrazano est à grimper. Je ne perçois pas vraiment sa difficulté, tout transi de froid que je suis, et tout occupé à gerer les bourrasques de vent qui nous font dévier de notre trajectoire, quand ce n’est pas simplement nous faire trébucher.

Un lièvre bienvenu

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Je perds assez rapidement Pascal, qui — blessé — fera courageusement sa course à son allure. J’aperçois qq dizaines de mètres devant moi une silhouette et un maillot bien connus : tout heureux de pouvoir partager ce moment avec Antoine, je fais l’effort de revenir sur lui.

Drôle d’allure tout de même avec un bras sur le ventre… le portrait d’un dossard volant devant nous me fait comprendre que je ferai mieux moi aussi de tenir le mien. On remonte proprement les petits groupes, un par un. Concentrés. Je sens que l’allure est un peu rapide pour mon objectif mais je me sens bien alors je décide d’aller jusqu’aux 10km avec Antoine.

Le plus célèbre des meneurs d’allure

Nous revenons au km 12 sur un grupetto aux accents francophones. Je reconnais alors notre célèbre Dominique Chauvelier qui m’avait annoncé dans le sas son objectif de 2h48. Compte tenu du mien je me demande si je suis vraiment à ma place dans ce groupe. Je décide alors de laisser Antoine faire sa course devant et de rester caché dans ce paquet.

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On a beau avoir cette volonté de pirate, ce n’est pas toujours évident quand on revient de derrière de s’y tenir. Le groupe est assez instable; ça joue parfois des coudes, et je me retrouve finalement assez souvent exposé au vent — toujours aussi violent — pour éviter ces aléas. Je sais qu’en revanche je tiens le bon bonhomme pour une perf; et que plus je le tiendrai, meilleure sera ma perf. Nous allons en fait faire 25km ensemble. #freerunnerspower.

Nous passons à mi course en 1h23'30" et je réalise que je suis vraiment en avance sur mes temps de passage… mais bon; je me sens bien. Certainement mieux qu’à Paris où je n’étais passé finalement que 30" plus vite. Question de préparation ou de conditions climatiques, je suis mieux c’est un fait. L’ambiance est assez décalée : nous abordons le fameux Queensboro bridge et je realise à peine que nous sommes à la mi course.

Pas de flamme à cause sans doute des vents violents. Pas de spectateurs à cause du pont. Une petite bousculade stupide dans le groupe pour se positionner en vue d’un long virage à droite.

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Quoiqu’il en soit, c’est peu après que nous ne nous retrouvons plus que 4 dans ce groupe. La difficulté du pont ayant sans doute contraint nos compagnons de route à lever le pied. Je ne suis pas mécontent. Le groupe n’apportait rien au final. Seule l’allure impulse par Chauchau m’importe.

Nous nous faisons doubler par un italien qui discute au passage un moment avec Chauchau (son âge, son objectif,etc…). C’est en fait le champion olympique d’Athènes 2004. En toute simplicité. #instantmagique

Nous profitons de la descente du pont pour relancer un petit peu et abordons Manhattan plutôt frais. Fidèle à sa réputation (voir cet édito), le silence du pont fait place d’abord à une rumeur, puis à une clameur, et enfin une foule de spectateurs dense et bruyante. Nous sommes effectivement sur la 1e avenue, l’Alpes d’Huez du marathon.

Je ne trouve pas ma place dans la remontée de cette longue avenue (7km avec le vent en pleine figure) et — me sentant bien — décide à un moment de quitter mes compagnons pour rejoindre un plus gros groupe devant (qui s’avérera trop lent — pas de bol). Je me débarasse enfin du premier bonnet — Dunkin Donuts — . Je n’ai jamais couru aussi longtemps aussi couvert.

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Je prends inutilement une cinquantaine de mètres à Chauchau avant de réaliser que je m’épuise absolument pour rien. Je lève le pied et le laisse revenir au niveau du Bronx afin de me remettre dans sa roue. Nous allons aborder le retour sur Central Park. Nous revenous assez rapidement sur un petit groupe où je retrouve à ma grande surprise Antoine quelque peu à la peine. Je l’encourage brièvement.

Dans qq km ce sera à mon tour. En fait ça fait déjà une dizaine de km que je me bats avec un ventre frigorifié. Pourvu que ça tienne.

Seul dans Central Park

Je comptais bien retrouver un peu d’énergie sur la 5e avenue. Après tout si nous avions eu le vent de face pendant tout le parcours, il devrait être de dos sur le retour, non ? Manque de bol ce ne sera pas tout à fait le cas. Ou alors ne l’ai-je pas senti mais effet nul. Je commence à craquer dans les premières difficultés de Central Park ( je m’en veux alors de ne pas avoir fait la reconnaissance de ce final pas évident) puis lâche Chauchau au km 37.

Je me retrouve alors bien seul avec moi même et mes douleurs. Je sais que le chrono sera bon et que je finirai quoi qu’il advienne. Alors si je lève un peu le pied je ne craque pas non plus complètement (l’histoire montrera que je perds 18 à 20" au km seulement).

Les virages s’enchainent trop rapidement, et les km défilent trop lentement. Je realise alors que mon cardio est monté dans les tours et j’ai un peu le souffle court. Il est temps que cela se termine. Je réalise à peine que le parcours est bordé de milliers de spectateurs. Je dépasse un coureur en sandales (petite pensée pour Leslie qui courait aussi pied nus en sandales) et me fait dépasser par une coureuse en 5 fingers. Respect.

Un hurluberlu se met à courir à coté de moi dans le dernier km. Sorti de nul part. En jogging intégral (et moche), mais avec un dossard. Qui est il ? Que fait il ? Etait il arrêté auparavant? Pas possible quand meme de faire moins de 3h en jogging… Je mets un point d’honneur à mettre qq mètres à un mec qui vient au mieux de s’arreter, au pire de ne faire que les derniers mètres de la course. Et puis, pourquoi moi ? Que me veut-il ? Je vais ressembler à quoi sur les photos, moi, en sueur, bavant, erreinté, et lui dans son jogging ? J’avoue qu’il m’a bien déstabilisé.

Heureusement dans les derniers hectomètres je croise un regard bien connu et suis ravi que ma chérie ait réussie à se lever et affronter le froid pour venir m’encourager. Je me remets dedans. 800m… un marathon en soi…. 400m… quoi ? encore tout ça ? Enfin je vois la ligne. Coup d’oeil sur le chrono…

il me reste une grosse trentaines de secondes avant de passer au dessus de 2h50. Je serai frustré d’échouer à qq secondes. Pourtant j’ai mal. J’ai très mal. déjà 5km que je me dis que pour une fois je ne pourrai pas accélérer sur le final. et j’y vais, quand même. Je relance ce que je peux. J’ai bien conscience de faire un finish de mer## mais quel plaisir quand je franchis la ligne, arrête le chrono, et y lis encore le chiffre 49.

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Alors désolé, je ne serai ni beau ni brave sur les photos du finish, mais ça me fait tellement plaisir de faire tomber cette barrière dans ces conditions que j’en ai les larmes qui me montent rapidement aux yeux.

Je récupère ma médaille. Ôh qu’elle est belle. J’avoue en être assez fier.

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Je retrouve ensuite Chauchau déjà tout beau à la photo et ne peux que le remercier. Il m’accompagne un moment sur le long parcours qui nous ramène vers nos sacs, mais je n’arrive pas à suivre… même en marchant il me met 10m dans la vue. Je pense avoir déjà bien fait 2km dans Central Park avec pour seul vetement une légère couverture de survie fournie par l’organisation quand je cède à la n-ième proposition d’un “medical spotter” de venir me réchauffer dans l’une de leurs tentes.

Après tout, je suis transi de froid; je n’arrive plus à marcher; mon sac est encore loin au vue des numéros de dossard, et le gros des coureurs n’est pas encore là. Je passe alors une trentaine de minutes à me réchauffer (diagnostiqué en légère hypothermie : 35,5° environ) à coup de couvertures, soupes, et eau salée.

Je retrouve enfin mes amis après encore une longue marche. On peut rapidement partager ce moment, avant de filer à la douche puis de se retrouver pour le combo bière-burger de rigueur.

Qq enseignements

  • ré-gu-la-ri-té: encore un peu pêché par excès de confiance, et payé sur la fin (4’18 sur les 5 derniers km)
  • confiance en soi : quelques soient les conditions, un jour avec de bonnes jambes sera un bon jour. Et une bonne préparation nous mène vers ce bon jour
  • pas forcément besoin de partir très échauffé sur le marathon (1’ de footing dans le pre sas en l’occurence)
  • maillot France = encouragements assurés. Maillot de club ne sert pas à grand chose. Conclusion : se grimmer des petits drapeaux la prochaine fois, et/ou mettre son prénom sur le dossard
  • le ventre va prendre cher.. autant anticiper même si on le sent bien au départ.
  • essai réussi pour ma première course avec des manchons au bras. Ils m’ont sans doute sauvés.
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Alors, pourquoi pas de bis repetita ?

  • parce que c’est éreintant au départ (attente dans le froid pendant 3h), pendant (parcours pas tout plat du tout), et après (récupération bagage longue et lointaine) et j’ai l’impression d’y avoir laissé énormément
  • parce qu’on ne voit pas forcément le meilleur de ce que Big Apple a à offrir
  • parcours très mal signalé (sans doute à cause du vent)
  • parce que dans mes souvenirs, l’ambiance était meilleure à Chicago
  • parce que la masse, je ne l’ai pas vue.
  • Au final le départ n’est pas si impressionnant (peut être ne me suis-je pas assez retourné mais les champs elysées remplis de 40000 personnes sont plus impressionnant que 3 vagues sur 3 zones de départ différentes). L’ambiance d’ailleurs etait plutot champetre dans le sas de pre depart avec max 150 coureurs.

Un moment magique anyways…

  • pour l’ambiance mise par les spectateurs, notamment le contraste à l’arrivée sur Manhattan. Et encore vu l’heure et le grand froid j’ai pas profité à max.
  • pour le clan des frenchies qui étaient dans la course (Crazy Runners / Etoiles / Free Runners)
  • pour les volontaires… très américains dans leurs compliments et leurs encouragements
  • pour les conditions musclées que nous avons affrontées (mais mieux valait du vent que la petite pluie verglacée de la veille)
  • pour l’enchaînement parfait entre mes lièvres : globalement à mon niveau la densité est bonne
  • pour un classement plus que satisfaisant au final (282e au scratch)                                          PHOTO11.jpeg

En conclusion,

NYC est un marathon à faire, donc, mais peut être une seule fois en mode compète… Je n’exclus pas y recourir un jour pour le plaisir de redécouvrir ce parcours, mais il est peu probable que je refasse une préparation spécifique. Trop de sacrifices pour un résultat un peu aléatoire. J’ai eu la chance que ça passe bien. ça me laisse de belles perspectives pour l’avenir. La suite à Berlin dans un an ?

Jean-Baptiste Théard 


 


Marathon de NYC 2014 par Adrien, le rêve devient enfin réalité !

Cela faisait plusieurs mois, voire même finalement plusieurs années que je rêvais de ce marathon. Chaque année tous les coureurs en font les plus grands éloges. De la bouche de chacun, si ils ne pouvaient courir qu’un seul marathon cela serait sans hésiter New York. Bref inutile de vous dire que cette course me tenait particulièrement à cœur.

Après avoir touché le rêve du doigt en 2012, j’étais motivé comme jamais pour profiter à fond de la grande fête proposée par cette ville fabuleuse !

Nous sommes arrivés Baptiste et moi le jeudi soir vers 1h du matin, l’heure parfaite pour commencer un nouveau régime très diététique à base de burgers Fromage-bacon de chez five guys. Je devrais taire ce genre de détail culinaire surtout dans un compte rendu de marathon, mais bon, parler de New York sans parler de ses burgers c’est presque impossible. 

Le lendemain matin nous retrouvons toute l’équipe de Peace and Sport et quelques Crazy-Runners pour retirer nos dossards au Javits Center. L’expo du marathon m’a semblé moins intéressante que deux ans auparavant, beaucoup trop de monde et surtout une sorte de frénésie ambiante qui t’incite à acheter encore plus de produits estampillés marathon de nyc, qu'importe j'avais un sourire énorme, comme celui d'un enfant qu'on amène chez Disneyland pour la première fois de sa vie. Lors de l'expo j'ai pu rencontrer le seul meneur d'allure en 3h: Sebastien Baret. Ce français tout sourire m'annonce qu'il ferra la course le lendemain en tenant à la main un bâton sur lequel est fixé un morceau de carton avec son temps... En gros je vais avoir du mal à le repérer dans la masse de coureur surtout que je pars dans la vague juste avant lui ...  qu'importe, je lui dis que je ne vais pas le lâcher durant toute la course ! Sa bonne humeur est communicative, cela me fait plaisir de retrouver un meneur d'allure aussi sympa, aussi positif, son record personnel en 2h26 à New-York m'encourage à ne pas le lâcher. Nous échangeons quelques mots sur les conditions climatiques de dimanche, ils annoncent des rafales à 75km/h et une température froide pour le départ de la course... peu importe le vent je serai dans sa foulée !

Le lendemain samedi, le temps est vraiment pluvieux, nous ne résistons pas à nous rendre au rdv Peace and Sport avec Paula Radcliffe. C'est sous un froid glacial et pas mal de pluie que nous lui posons quelques questions et prenons des photos, un très grand moment que je ne risque pas d'oublier de sitôt. Finalement nous ratons le déjeuner avec les Crazy-Runners mais arrivons tout de même à voir Leslie et Jean Baptiste pour discuter de la meilleure façon pour se retrouver le lendemain au départ de nos vagues. Les organisateurs nous demandent d'être à Staten Islandà 6 heure du matin pour un départ à 9h40... bref ce n'est pas encore aujourd'hui que nous ferons la grace matinée.

Dimanche matin le réveil sonne à 4h00 et dès 4h20 me voila avec Baptiste en train de descendre la 42eme rue pour prendre le métro ... Impossible de passer inaperçu avec nos cinq couches de vêtement, notre gâteau sport dans une main et du carton dans l'autre (un très bon conseil de Yannick pour patienter durant 3h à Staten Island). Premier métro qui passe pour Downtown et nous voila dans une rame déjà remplie de coureurs. J'essaie tant bien que mal d'envoyer un texto à Jean Baptiste que je le vois entrer dans notre wagon à la prochaine station. Il a reconnu ma casquette orange quand le train est passé. Quel timing parfait !

5 heure: Nous voila dans le ferry pour Staten Island, il fait un froid de canard et le vent est vraiment fort ... malheureusement cela sera le cas pendant toute la course, mais bon la météo ne va pas entacher notre bonne humeur. JB se demande si il va garder ses manchons et son coupe vent, Baptiste mange son gâteau sport avec un large sourire, nous sommes tous tellement content d'être la !

6 heure: Ca y'est nous sommes dans la zone d'attente, il va encore falloir attendre 3h40 dans le froid avant de lâcher les chevaux. Nous sommes tous en train de grelotter avec nos beaux bonnets orange et rose Dunkin'Donnuts. Difficile de croire que dans quelques heures nous allons tous courir un marathon. Pour l'instant la scène fait plus penser à un camps de réfugiés que d'une aire de départ... Emmitouflés dans nos couches de vêtements nous attendons patiemment notre tour pour entrer dans les sas.

9 heure: Ca y'est plus que 40min et c'est bon. Dans le sas de départ tout proche des élites nous retrouvons Pascal Vanessche, Antoine, et même Dominique Chauvelier. La pression monte d'un cran quand nous commençons notre marche pour le pont Verrazano, très vite je perds Pascal et JB, par contre je garde un oeil sur Baptiste et Jean Pierre, je ferrai le début du pont avec eux.

9 heure 40:  C'est le départ que nous attendons tous depuis si longtemps. Finalement ce sera sur du ACDC que nous commençons le marathon ... Frank Sinatra et son fameux New York, New York ne sont plus au gout du jour. C'est parti pour le passage du pont, il y a déjà un monde de fou, nous sommes pourtant juste après les élites et j'ai l'impression que les coureurs autour de moi sont au ralenti ... 

Les rafales de vent scotchent tout le monde sur place, il faut faire de grands efforts pour ne pas trop dévier de notre route ... avec l'hélicoptère de la tv qui fait un bruit dantesque, nous avons vraiment l'impression de nous retrouver sur un champs de bataille.

A mes cotés Baptiste et Jean Pierre font tout leur possible pour que leurs dossards ne s'envolent pas. Au bout de quelques mètres je suis rattrapé par Sebastien et toute sa meute des moins de 3h. Je suis vraiment soulagé de le retrouver avec sa pancarte qu'il tiens fortement de la main. Je me mets dans le paquet et j'essaie de suivre le rythme malgré le vent et les coups de coudes des autres coureurs qui n'apprécient pas vraiment ma place dans le peloton. 

Malheureusement il n'y a pas de repères tous les kilomètres, même les indications pour les miles n'ont pas étés installés à cause du vent. Bref je cours à l'aveugle et je fais une entière confiance en mon meneur qui nous annonce très régulièrement notre rythme. Je suis ultra concentré pour garder l'allure, malheureusement je ne fais presque pas attention aux milliers de supporters qui malgré ce froid sont venus nous encourager. C'est tel un coucou suisse que Sebastien nous amène au 10eme kilomètre en 42min 36. 

Pour l'instant tout va bien je ne suis plus dans la meute du meneur, j'avais un peu de mal à trouver le bon tempo parmi tous les coureurs du coup j'ai préféré rester seul juste devant le meneur et j'écoute ses indications. Je ne suis plus protégé du vent et je suis libre de courir comme je veux, il faut choisir dans la vie. 

Même si je suis très concentré j'arrive tout de même à sourire à la foule de supporter, quel plaisir de voir autant de monde aimer leur marathon, c'est un vrai plus pour tenir le rythme.

Nous passons au 15eme kilomètre en 01h03:52 et au semi en 1h29:59, je n'ai aucune marge, l'idéal aurait été de passer le semi en 1h28:45 afin d'aborder la seconde partie de course dans de bonnes conditions... tant pis il va falloir faire avec ...

Je suis toujours en forme, les miles passent vraiment vite, les indications de Sebastien m'aident vraiment beaucoup. Nous arrivons aux abords du Queensborough bridge, très vite il n'y a plus un seul bruit dans le peloton, tout le monde est très concentré.  Je sais que c'est le meilleur moment de la course, tout le monde me parlait de cette entrée magistrale dans Manhattan qui donne envie à tous les coureurs de revenir année après année. Encore un virage et nous y sommes.

On ne m'avait pas menti, j'ai alors une grande pensée pour Pascal Sylvestre, je sais que c'est son passage préféré. J'en profite au maximum, je me sens super bien, malgré le vent c'est un vrai plaisir. Nous ne sommes qu'au 26eme kilomètre, je sais que le plus dur est à venir.

Cette 1st avenue est vraiment gigantesque, simplement interminable, je vois deux coureurs avec des Newton aux pieds, je m'empresse de venir à leur hauteur pour les saluer. Je reconnais de suite Chris Mc-Cormack, plusieurs fois vainqueur de l'Ironman d'Hawai, c'est une légende du triathlon. En quelques instants je passe du coureur hyper concentré que je suis depuis 26 kilomètres à une groupie de 15 ans qui rencontre son idole. Je me dis que je vais rester le restant de la course à ses cotés pour ne surtout rien rater de cette rencontre inespérée. Finalement la raison revient très vite, après tout il a sans doute pas vraiment envie de m'entendre lui parler pendant presque 20km, et puis j'ai quand même un objectif à remplir. Je lui fais part de ma grade admiration à son égard et je lui souhaite une bonne course.

Cette rencontre inattendu m'a donné un boost supplémentaire, je m'empresse de retrouver Sebastien pour lui en parler, il est super concentré, il se bat avec le vent pour garder son bâton visible de tous, cela n'est pas un exercice facile mais il y arrive très bien.

En terme de rythme nous passons le 25eme kilomètre en 1h46:37 et le 30eme en 2h07:41, pour l'instant ça va, j'arrive à tenir le rythme, nous allons bientôt en finir avec cette si grande première avenue, c'est à ce moment la que je croise Hassan. Il est en difficulté et je sens que de mon coté cela n'est plus si facile, cette longue ligne droite est vraiment la première difficulté du parcours. J'arrive à sa hauteur et je l'encourage de quelques mots, j'essaye de garder mon meneur d'allure en visuel mais cela n'est plus aussi simple que lors des précédents kilomètres, très vite je ne le vois plus, il faut maintenant que je me débouille seul.

 J'arrive sur la 5eme avenue et les abords de Central Park. Une fois de plus on ne m'avait pas menti ce sont de vraies montagnes russes, le public m'aide beaucoup à ne pas flancher et garder un semblant de rythme. Je ne vois même pas Florie et Eric m'encourager à plein poumon. Je suis dans le dur, il est temps que cette course s'arrête, il est temps que le vent arrête de nous rabattre les oreilles, je sais que mon objectif des 2h59 n'est plus atteignable, le moral en prend un coup.  J'entends un trompettiste débuter "eyes of the tiger" cela me remotive pour ne pas flancher. 

finalement je passe en 2h29:22 au 35 kilomètre et 2h51:43 au 40eme. Ca y'est je vois Columbus Circle, j'entre enfin dans Central Park. 

J'essaie de faire bonne figure devant les photographes mais je ne suis plus que l'ombre de moi même.

Allez encore un effort et je passe enfin cette ligne d'arrivée tant attendue en 3h02:08. Le soulagement est grand tellement je suis en train de souffrir depuis sept kilomètres. Je rejoins Sebastien qui s'étonne de me voir ici, il pensait que j'étais devant lui... Merci encore pour ton aide Sebastien, grace à toi cette course aura été un énorme moment pour moi. Je retrouve Antoine qui est arrivé il y a quelque minutes déjà et  nous échangeons sur le sujet du moment: le vent !!! 

Je ne vais pas m'étendre plus longtemps sur mon récit déjà bien long. Je vous remercie tous et toutes de nous avoir souvenu avant, pendant et après la course, c'était vraiment une expérience hors du commun, le genre de moment qu'il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie.

 Un énorme bravo à JB pour son énorme performance ainsi qu'a Pascal Vanessche d'être allé au bout malgré sa blessure. 

Merci de m'avoir lu et à très vite pour de nouvelles aventures.

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Adrien